Paul Héroux sonne l’alarme

 

Anny Champoux

Effets des champs électromagnétiques sur la santé

Dans une entrevue accordée à Point de vue Laurentides, Paul Héroux, physicien à la tête du « In Vitro Toxicology Laboratory » de l’Université McGill, fait le point sur les effets des champs électromagnétiques sur la santé.

 

Paul Héroux.

Dans sa carrière, M. Héroux a notamment travaillé dans la conception des réseaux électriques pour Hydro-Québec. « J’ai aussi fait beaucoup travaillé sur les propriétés électriques des tissus vivants ainsi que sur les mesures de champs électromagnétiques dans l’environnement ainsi que leurs relations avec le cancer et les effets sur les cellules « , se présente-t-il au téléphone.

Aujourd’hui, il enseigne les effets de l’électromagnétisme sur la santé ainsi que la toxicologie à la Faculté de médecine de l’Université McGill.

 

Prédiction des neurologues

À la question: « Les citoyens ont-ils raison de s’inquiéter de leur santé quand on parle de l’installation des compteurs intelligents d’Hydro-Québec? », il répond: « Moi je pense qu’ils ont raison, mais c’est une question d’opinion », souligne le chercheur.

En parlant des effets sur la santé, le physicien mentionne que ce n’est pas quelque chose qui fait mal. « Ce n’est pas comme une balle de fusil ou un dard. Ça se fait sur le long terme. Mais il y a un petit nombre d’individus – qui sont plus sensibles que les autres – qui sont notre sonnette d’alarme ».

 

Selon lui, les neurologues qui ont étudié la question disent que les conséquences découleront comme une érosion, avec des dommages légers au cerveau. « On prédit une dégénérescence avec l’âge. Le cerveau vieillira plus vite. Imaginez que vous accélérez le vieillissement du cerveau des gens par dix ans. On deviendra un peu plus stupide et nous vieillirons mentalement plus rapidement. C’est ce que les neurologues pensent ».

 

M. Héroux précise que ce n’est pas une situation unique. « On a vécu avec du plomb dans notre essence, pour vendre de l’essence avec un indice d’octane plus élevé. Avec ça, on a probablement fait chuter de cinq points l’intelligence de tous nos enfants ».

Contradiction

Selon lui, ce qui se passe dans la réalité, c’est toujours une question d’interprétation et que, naturellement, il faut être sceptique.

« Moi, évidemment, je vous ai donné mon opinion et j’y crois profondément. Mais, en réalité, quelqu’un de l’industrie électrique vous dira que les preuves des épidémiologistes sont peu fiables, avec un discours qui va complètement à l’encontre du mien ».

« Les ingénieurs de l’industrie électrique sont convaincus que tous les épidémiologistes du World Health Organisation – qui disent que ces champs électromagnétiques sont cancérigènes – pensent dur comme fer qu’ils exagèrent parce qu’ils sont arrivés à une conclusion qui ne fait pas leur affaire », précise M. Héroux.

 

Il ajoute que l’Institut de recherche sur le cancer de Lyon – l’autorité mondiale sur le cancer – soupçonne que les ondes magnétiques de basses fréquences et les ondes électromagnétiques de hautes fréquences donnent toutes deux le cancer. « Les meilleurs experts de la planète nous le disent et ce n’est pas compatible avec le code 6 de Santé Canada, qui nous assure qu’il n’y a aucun problème ».

« Est-ce que c’est de la schizophrénie? », se demande-t-il avant de répondre: « ce que dit le gouvernement et ce que dit le World Health Organization n’est pas compatible. Ça n’a pas de bon sens », conclut Paul Héroux.

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