Santé

Devenir EHS

L’OMS recommande d’éviter les ondes non ionisantes (CEM)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d’en surprendre plusieurs en citant l’exposition aux rayonnements non ionisants parmi les facteurs de risque de cancer à éviter dans son nouvel Aide-mémoire N°297, publié en février 2017. Elle les mentionne après le sous-titre Éviter les facteurs de risque en compagnie de cancérogènes reconnus (de classe 1) comme le tabagisme, l’exposition aux rayons ionisants, la consommation d’alcool, l’obésité, la sédentarité et la fumée de bois dans les maisons. En mentionnant les rayonnements non ionisants, c’est-à-dire ne possédant pas assez d’énergie pour ioniser (ou retirer des électrons) des atomes ou des molécules, elle parle évidemment des rayons ultraviolets qui sont aussi des cancérogènes de classe 1. Mais les rayonnements non ionisants comprennent aussi les champs électromagnétiques (CEM) radiofréquences(RF)/micro-ondes émises par les antennes et appareils sans fil.

Ces ondes sont classées « peut-être cancérogènes » (classe 2B) par l’OMS depuis 2011, mais divers experts affirment que les plus récentes études justifient qu’elles soient désormais reconnues cancérogènes. Ceci d’autant plus que les micro-ondes sont plus biologiquement actives que la lumière solaire car elles sont polarisées. L’OMS n’a pas répondu à notre question à savoir pourquoi elle a classé tous les rayonnements non ionisants parmi les facteurs de risque de cancer à éviter plutôt que de mentionner seulement la lumière solaire.

Conflit d’intérêts et appels à la précaution
L’OMS a récemment été dénoncée parce que ses recommandations sur l’exposition aux RF sont présentement révisées par des chercheurs soupçonnés d’être en conflit d’intérêts (lire ici la lettre adressée à la directrice générale de l’OMS par le président du Comité national russe de protection contre les ondes non ionisantes). Ces critiques ne datent pas d’hier : en 2005, l’OMS avait  consulté huit compagnies d’électricité dont Hydro-Québec avant de réviser son avis sur les CEM domestiques (60 Hertz).  Bien qu’elle n’ait pas reconnu la validité d’études indépendantes récentes sur la nocivité des ondes, de plus en plus de gouvernements ont décidé de protéger leurs citoyens contre la surexposition croissante aux RF. Ainsi Cracovie, la deuxième ville polonaise en importance, est devenue la première grande ville au monde à fournir des lecteurs de CEM à ses citoyens pour qu’ils puissent mesurer leur exposition afin de juger s’ils veulent ou non la réduire. Ceci dans la foulée du règlement de la ville de Berkeley (Californie), contesté en cour par l’industrie, car il exige que les vendeurs de cellulaires affichent des consignes de sécurité sur comment se protéger des ondes qu’ils émettent. L’affiche doit notamment préciser que l’on peut excéder les limites fédérales d’exposition aux micro-ondes et ainsi chauffer dangereusement ses tissus corporels en portant un cellulaire allumé sur soi (sans être en mode Avion).

Pour sa part, la législature de l’État américain du Massachusetts, à forte majorité démocrate, doit prochainement débattre de quatre projets de lois en la matière. Ceux-ci proposent : la création d’une commission indépendante sur les risques sanitaires associés à toutes les sources de CEM; la permission de refuser un compteur « intelligent » émetteur de RF sans se voir imposer des frais de retrait comme c’est le cas au Québec; la publication de mises en garde sur les émissions des cellulaires, routeurs, tablettes et autres appareils de communication sans fil; et la réduction de l’exposition aux RF dans le milieu de l’éducation. La France et Israël ont déjà interdit le Wi-Fi dans les maternelles et limitent son usage dans les écoles primaires. Et tout comme le prévoit la Loi Abeille française, la Pologne entend agir pour limiter l’exposition du public aux ondes émises par les antennes de cellulaires. En Italie, la Ville de Turin a aussi l’intention de réduire les émissions « superflues » d’ondes du Wi-Fi dans les écoles et les immeubles gouvernementaux.

Le débat sur la perte de tolérance aux CEM

En 2005, l’OMS déclarait au sujet de l’hypersensibilité électromagnétique (HSEM) ou électrohypersensibilité (EHS) : « Il n’existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de la HSEM à une exposition aux CEM. » Pourtant, de nombreuses études démontrent que des doses non thermiques de RF/micro-ondes peuvent déclencher des symptômes d’EHS connus des militaires depuis les années 1950. Par exemple : « Des blessures à la fois chimiques et physiques liées à l’utilisation constante et répétitive d’appareils électroniques dans la vie courante pourraient être responsables de troubles de la peau chez les adultes et les enfants. Reconnaître et éliminer ces nouveaux agents offensants est l’intervention la plus efficace et peut prévenir les diagnostics erronés ainsi que des traitements inutiles à long terme », affirmaient les auteurs de l’article Modern Electronic Devices: An Increasingly Common Cause of Skin Disorders in Consumers, paru dans la revue de dermatologie Dermatitis, mai-juin 2016. « L’électrohypersensibilité est une maladie environnementale authentique fondée à la fois sur la biologie et la physique, et non un problème de délire », écrivait pour sa part en janvier 2017 le médecin de famille britannique Andrew Tresider, spécialisé en psychiatrie. Les limites d’exposition aux RF, ajoute-t-il, sont fondées sur le mythe selon lequel les expositions sous le seuil thermique sont sécuritaires.

Tout récemment, des médecins allemands résumaient les résultats de 878 études russes sur les effets des CEM publiées entre 1960 et 1997 et qui avaient disparu dans les archives gouvernementales dès leur publication. La brochure Health Implications of Long-term Exposure to Electrosmog est la sixième d’une série de publications de la Competence Initiative for the Protection of Humanity, Environment, Democracy, qui dénonce « la corruption institutionnelle qui fait passer les intérêts des lobbies avant les droits humains ». D’ailleurs la sociologue québécoise Louise Vandelac collabore avec l’oncologue parisien Dominique Belpomme, qui traite plus de 1 000 patients intolérants aux CEM et a demandé à la Cour pénale internationale, sise à La Haye, de considérer la pollution comme un crime contre l’humanité.

Compteurs numériques

Les réseaux électriques intelligents comptent parmi les accusés. « Les compteurs numériques sont dangereux, qu’ils soient émetteurs ou non de radiofréquences », affirmait l’ingénieur en électricité américain William Bathgate, ancien cadre de la compagnie d’électricité Emerson Electric Company, dans un témoignage présenté devant la Commission des services publics du Michigan (MPSC). Bathgate fut responsable de la certification des produits et gestionnaire d’une ligne de systèmes installés à plus d’un million d’exemplaires dans cent pays et très similaires aux compteurs numériques. Selon lui, les compteurs analogiques (électromécaniques) sont bien moins dangereux car les compteurs numériques sont dotés d’un circuit d’alimentation par commutation sans mise à la terre, ni protection contre la foudre ni filtration de l’interférence électromagnétique (électricité sale perturbant les appareils électroniques et très nocive pour la santé mais qui peut heureusement être neutralisée avec un ou deux filtres Stetzerizer ou Greenwave). Selon le témoignage de M. Bathgate : « Il n’est pas nécessaire pour l’AMI (Advanced Metering Infrastructure ou Infrastructure de mesurage avancé) d’envoyer une impulsion [RF] toutes les 4-5 secondes toute la journée juste pour synchroniser et horodater l’horloge à l’intérieur du compteur, puisque le compteur doit seulement envoyer des données une fois par jour pendant 3 à 5 minutes. Toutes ces transmissions d’impulsions que le compteur AMI fait sont un gaspillage complet d’énergie. » Ces compteurs sont nocifs au point où certains consommateurs ont subi une expérience de mort imminente, a-t-il ajouté en concluant : « Je ne veux pas que mes impôts soient dépensés pour défendre la MPSC contre un recours collectif. » Avant leur déploiement au pays et sans qu’aucune étude n’ait démontré leur innocuité, Santé Canada affirmait en 2011 que « l’exposition à l’énergie RF des compteurs intelligents ne pose pas de risque pour la santé publique ». Or depuis, des milliers de citoyens dans de nombreux pays se sont plaints de symptômes d’EHS apparus après l’installation d’un ou de plusieurs de ces compteurs sur leur immeuble. De nombreux experts, et même deux anciens présidents de la Commission californienne des services publics, Michael Peevey et Loretta Lynch, ont reconnu leur dangerosité.

C’est pourquoi la coalition québécoise Refusons les compteurs demandent que les gens qui ont barricadé leur compteur mécanique aient le droit de le conserver. Selon sa fondatrice, le professeur de philosophie Marie Michèle Poisson, en plus des enfants et des femmes enceintes qui sont plus sensibles aux effets cumulatifs des radiations, il faut protéger les nombreuses personnes malades, électrosensibles ou vivant près de multiples compteurs. « Depuis quelques semaines, Hydro-Québec menace de couper l’électricité aux nombreux clients pour lesquels l’option de retrait est inapplicable (compteurs groupés dans ou à proximité de leur logement, compteurs de 400 ampères et faibles revenus) et qui, n’ayant d’autre alternative, se trouvent dans l’obligation de résister à l’installation des nouveaux compteurs pour ne pas être exposés aux puissantes ondes électromagnétiques émises par ces appareils », dénonce-t-elle.

Les antennes Zigbee et 5G inquiètent

Jusqu’ici, Hydro-Québec a seulement activé la première des deux antennes (900 mégahertz et 2,4 gigaghertz) des compteurs de nouvelle génération. Or un jour elle activera l’antenne Zigbee de 2,4 GHz pour communiquer avec les nouveau électroménagers dotées de puces/antennes dans le cadre de l’Internet des objets (IdO) que le Mouvement Desjardins présentait dans un blogue en juin 2016, en affirmant notamment : « La nouvelle génération de technologie sans fil 5G, qui est 100 fois plus rapide que le 4G, décuplera la vitesse de transmission des réseaux mobiles, ce qui favorisera la robotique, voire l’intelligence artificielle, les véhicules autonomes et un monde connecté à grande échelle où l’IdO sera omniprésent. Le 5G est prévu pour 2020, ce n’est pas si loin! »

Or le déploiement de milliers de petites antennes 5G sur les lampadaires et poteaux de services publics dans les quartiers habités pose problème, selon Joel Moskowitz, directeur du Centre de santé familiale et communautaire de l’école de santé publique de l’Université de la Californie à Berkeley : « Cette technologie cellulaire utilisera beaucoup plus de micro-ondes de fréquence que les technologies actuelles de téléphone cellulaire 2G, 3G et 4G. Ces micro-ondes, connues sous le nom d’ondes millimétriques, ne pénètrent pas les matériaux de construction comme la technologie actuelle, c’est pourquoi l’industrie peut avoir besoin d’une antenne cellulaire pour chaque 12 maisons. Mais cette forme de rayonnement micro-ondes est plus susceptible d’affecter notre peau et les cellules neuronales dans le derme supérieur. De plus, l’adoption généralisée de la technologie cellulaire 5G aux États-Unis peut avoir des effets profonds sur notre écosystème en modifiant les bactéries, créant éventuellement des bactéries nocives résistantes aux antibiotiques. À mon avis, la précaution est justifiée avant de déchaîner la technologie 5G sur le monde. Davantage de recherches sont également nécessaires car les caractéristiques spécifiques des ondes millimétriques (par exemple pulsation et modulation) utilisées dans la technologie 5G peuvent être plus importantes que la fréquence ou l’intensité des ondes en termes d’effets biologiques et sur la santé. Le financement de la recherche doit être indépendant de l’industrie car les conflits d’intérêts ont souvent minés la science dans ce domaine. »

Le déploiement de ces nouvelles technologies numériques sans considération pour la santé publique inquiètent plusieurs experts indépendants au plus haut point. Pour en citer quelques-uns :

• « La difficulté ici est que les technologies recourant aux champs électromagnétiques évoluent très rapidement, avant même que les effets sur la santé et l’environnement aient pu être suffisamment investigués et éprouvés par la science; ce qui explique de fait que la législation et le droit ne puissent s’adapter en temps réel. » — Me Olivier Cachard, professeur de droit à l’Université de Lorraine et doyen honoraire de la Faculté de droit de Nancy, dans son ouvrage Le Droit face aux ondes électromagnétiques (LexisNexis, 2016).

• « L’industrie procède de la façon suivante pour détériorer notre environnement : elle se précipite pour déployer ses systèmes, en sachant fort bien qu’une fois mis en place, peu de législateurs auront le courage de lui demander de démanteler (à cause des coûts). Il est donc essentiel de faire un lobby auprès du gouvernement pour que la priorité soit donnée aux techniques de transmission avancées : la fibre optique et le câble, plutôt que le sans fil. » — Paul Héroux, PhD, directeur du programme de santé au travail, Faculté de médecine de l’Université McGill.

• « Je reste partisane du fait que les ondes ne créent pas les cancers, mais elles permettent leur développement une fois qu’ils sont apparus (et sont encore à leur premier stade, quasi imperceptibles). Pourquoi? Parce que les membranes cellulaires sont abîmées, et la reconnaissance intercellulaire se fait mal; les cellules cancéreuses ne sont plus détectées comme telles, et elles ne sont plus éliminées. Elles se développent donc. Les ondes électromagnétiques fragilisent aussi les ”ponts d’hydrogène” qui existent entre les deux brins d’ADN (d’une base à la base complémentaire), et donc un agent mutagène a plus de probabilités de provoquer une mutation, et celle-ci de se transmettre lors de la réplication de l’ADN. Les ondes électromagnétiques agissent sur tout ce qui est influençable par l’électricité, et par le magnétisme, en commençant par …H2O. Si on réduisait l’électromagnétisme, en général (moins de Wi-Fi, etc…), tout le monde serait en meilleur santé, plus serein, plus paisible. Mais non, on ne fait qu’augmenter le nombre d’appareils sans fil, de plus en plus sophistiqués, et plus puissants. C’est comme la surpêche, l’abattement des arbres, l’utilisation de médicaments artificiels… on abîme tout, et on le regrettera un jour. — Marie-Claire Cammaerts Tricot, biologiste, Université Libre de Bruxelles.

Pour en savoir davantage

Champs électromagnétiques : douze façons de se protéger

André Fauteux

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les ondes électromagnétiques provoquent des irrégularités cardiaques

PERCEE SCIENTIFIQUE : Les téléphones sans fil DECT (et le WiFi)
provoquent des irrégularités cardiaques
Écrit par JLG
Samedi, 23 Octobre 2010
Une nouvelle recherche publiée dans le Journal européen d’Oncologie
[1] a montré que les téléphones sans fil DECT qui transmettent un signal pulsé ont un impact sur le rythme cardiaque.
L’étude de provocation sur 25 sujets en double aveugle
,
publiée dans un journal à comité de lecture, valide la condition avancée
par un nombre croissant de personnes à travers le monde aujourd’hui appelées « électrosensibles » (ES ou EHS), démontrant des effets immédiats sur le rythme cardiaque, celui-ci doublant pratiquement dans certains cas. L’étude a été menée par le professeur Magda Havas de l’Université de Trent, au Canada.
« Ce que nous avons trouvé est ce que beaucoup de personnes disent depuis longtemps au sujet de dispositifs qui émettent des micro-ondes » a indiqué le docteur Havas. « Les gens ne se sentent pas seulement malades, leur cœur commence à s’accélérer et c’est mesurable avec des instruments médicaux de cardiologie.
La nouvelle étude d’Havas vient s’ajouter à l’intérêt croissant porté aux effets sanitaires des téléphones portables et du WiFi qui transmettent également des radiations à micro-ondes. Les effets sur le rythme cardiaque ont aussi été démontrés en utilisant un routeur ou un point d’accès WiFi. Cela élargit la portée de l’association entre téléphones portables et tumeurs cérébrales vers leur effet potentiel sur d’autres systèmes, en ce compris le muscle cardiaque.
Cela aussi pose le très sérieux problème des risques d’exposer des écoliers aux réseaux WiFi, en offrant une explication plausible sur la raison pour laquelle certains enfants dans des écoles équipées de WiFi sont diagnostiqués et traités avec des médicaments contre les irrégularités du rythme cardiaque, qu’ils croient pouvoir être liés avec le WiFi.
L’étude de M.Havas parue dans le Journal européen d’Oncologie sur la variabilité du rythme cardiaque a été conduite en aveugle, ce qui signifie que les volontaires ne savaient pas quand le téléphone était branché ou non.
Quarante pour cent (40 %) des sujets avaient une réaction modérée à sévère uniquement quand la station de base du téléphone était branchée et émettait des microondes. Ceux qui ont réagi ont fait montre d’arythmie (battements irréguliers du cœur) et/ou de tachycardie (battements rapides du cœur). Les symptômes étaient
souvent accompagnés par des sentiments de douleur ou de pression dans la poitrine et d’anxiété qui apparaissaient et disparaissaient sans aucune raison apparente.
Dans cette image de l’étude, le sujet B a éprouvé une augmentation du
rythme cardiaque en rapport à l’exposition à un téléphone portable
voisin.
Le rythme cardiaque est immédiatement retourné à la ligne de base après que le
téléphone sans fil ait été déconnecté. Cela a aussi été démontré avec un routeur/point d’accès WiFi.
C’est la première étude documentant des changements immédiats et spectaculaires
du rythme cardiaque associés à l’irradiation aux micro-ondes à des niveaux d’exposition bien au-dessous (0,5 %) des directives fédérales au Canada et aux États-Unis (1000 microW/cm2  61 V/m), tout comme en Belgique ou en France où ces normes sont à peines plus basse (NDLR).
Et ce n’est évidemment la nouvelle norme bruxelloise de 3 V/m pas plus que celle de Paris de 2V/m qui y changent quoi que ce soit).
Cela montre l’extraordinaire inadéquation des directives d’exposition actuelles pour protéger la santé du public. Pas uniquement le téléphone sans fil DECT mais le WiFi aussi Havas déclare, « Alors que tous les électrosensibles ne répondent pas de cette manière , ceux qui réagissent auront des difficultés dans des environnements où il y a présence de radiation de micro-ondes, ce qui veut dire pratiquement partout dans notre culture moderne sans fil. » Elle ajoute, « Des téléphones sans fil et des téléphones portables ou GSM aussi bien que des ordinateurs sans fil et
des réseaux WiFi produisent ce type de radiation à micro-ondes. »
Parmi les autres symptômes communs d’EHS il y a des maux de tête, de la fatigue, des difficultés de la concentration, des problèmes de mémoire à court terme, des difficultés de sommeil, des problèmes de peau, des bourdonnements d’oreilles, des nausées et des vertiges.
Beaucoup de ces symptômes sont subjectifs et difficiles à mesurer.
L’étude de Havas annonce la possibilité pour des praticiens de santé de déterminer si des irrégularités cardiaques pourraient être déclenchées par des radiations électromagnétiques, en ayant recours à une technologie d’évaluation aisément disponible,

 

Etudes américaines démontrant la toxicité des ondes électromagnétiques

À Berkeley, en Californie, les détaillants de cellulaires doivent aviser leurs clients que s'ils portent sur leur corps un appareil allumé et connecté à un réseau sans fil, ils risquent de dépasser les lignes directrices fédérales pour l'exposition aux radiations de radiofréquences. Ces limites ne visent qu'à éviter que les tissus humains ne soient chauffés (cuits!) par des micro-ondes et non les autres effets biologiques comme les dommages à l'ADN pouvant mener au cancer. © Thinkstock

À Berkeley, en Californie, les détaillants de cellulaires doivent aviser leurs clients que s’ils portent sur leur corps un appareil allumé et connecté à un réseau sans fil, ils risquent de dépasser les lignes directrices fédérales pour l’exposition aux radiations de radiofréquences. Ces limites ne visent qu’à éviter que les tissus humains ne soient chauffés (cuits!) par des micro-ondes et non les autres effets biologiques comme les dommages à l’ADN pouvant mener au cancer. L’industrie combat férocement le règlement de Berkeley devant les tribunaux. © Thinkstock

Une récente étude du gouvernement américain motive l’Académie américaine de pédiatrie à resserrer les recommandations qu’elle fait aux parents concernant l’usage du cellulaire par leurs enfants ainsi que par eux-mêmes (détails plus bas).

En mai dernier, le U.S. National Toxicology Program (NTP) publiait les résultats préliminaires d’une étude démontrant que l’exposition aux micro-ondes émises par un cellulaire augmente significativement la prévalence de rares cancers très malins du cerveau et des nerfs cardiaques chez des rats. Cette étude financée par cet organisme fédéral américain a révélé hors de tout doute que ces radiofréquences (RF) causent les mêmes types de tumeurs chez les rats que celles dont l’incidence est plus élevée chez les humains qui parlent au cellulaire trente minutes par jour en moyenne pendant au moins dix ans (lire les résultats ici). Fait significatif, les risques augmentaient en fonction de la dose d’exposition.

« Le NTP a testé l’hypothèse selon laquelle le rayonnement d’un cellulaire ne pourrait pas causer des effets sur la santé et cette hypothèse a maintenant été démentie. L’expérience a été faite et, après des examens approfondis, le consensus est qu’il y avait un effet cancérogène », a déclaré à Microwave News le toxicologue qui a conçu l’étude, Ronald L. Melnick. « Pour les enfants, les risques de cancer peuvent être supérieurs à ceux des adultes en raison d’une plus grande pénétration et absorption du rayonnement du téléphone cellulaire dans leur cerveau et parce que leur système nerveux en développement est plus sensible ».

Cette découverte a stupéfié plusieurs sceptiques — dont ceux du NTP —, qui ont alors fait un virage à 180 degrés. Par exemple, l’American Cancer Society a reconnu sa valeur scientifique et le magazine Consumer Reports la juge assez révolutionnaire pour désormais recommander à son lectorat de se protéger des RF.

Mise en contexte

L’étude du NTP, un programme des National Institutes of Health (NIH), n’a pas encore été soumise à un éditeur, car elle n’est pas complétée. Par contre, avant d’autoriser sa divulgation préventive, les patrons hésitants des NIH ont exigé qu’elle soit davantage validée. Elle fut révisée par plusieurs experts indépendants et aucune grave lacune n’a été décelée dans son déroulement ni dans les résultats obtenus, selon Ron Melnick. Même si les études animales ne prouvent pas que la santé humaine sera affectée de la même façon, elles indiquent de quelles substances on devrait se méfier et elles soutiennent les preuves fournies par les études humaines, précise le chercheur et professeur de médecine allemand Franz Adlkofer. Celui-ci est président de la Fondation Pandora, dont l’étude REFLEX avait démontré la génotoxicité des ondes cellulaires, d’ailleurs confirmée par l’étude du NTP.

« La découverte de tumeurs cérébrales (gliomes) et de tumeurs malignes des cellules de Schwann cardiaques dans l’étude du NTP, ainsi que de dommages de l’ADN dans les cellules du cerveau, présente un problème de santé publique majeur, car elles sont survenues dans les mêmes types de cellules qui se sont développées en tumeurs dans les études épidémiologiques portant sur les adultes utilisateurs du téléphone cellulaire, explique Melnick sur le site de l’Environmental Health Trust dont il est un conseiller. Les risques de cancer peuvent être plus importants pour les enfants que pour les adultes en raison d’une plus grande pénétration et absorption du rayonnement d’un téléphone cellulaire dans le cerveau des enfants et parce que leur système nerveux en développement est plus sensible aux agents qui endommagent les tissus humains. Sur la base de cette nouvelle information, les organismes de réglementation doivent formuler des recommandations musclées afin que les consommateurs prennent des mesures de précaution et évitent un contact étroit avec leurs téléphones portables, et en particulier qu’ils limitent ou évitent l’utilisation des téléphones cellulaires par les enfants. »

Mille fois moins puissante que la technologie 2G, la 3G présente pourtant trois fois plus de risque de développer un gliome, une forme très agressive de cancer du cerveau.

Mille fois moins puissante que la technologie 2G, la 3G présente pourtant trois fois plus de risque de développer un gliome, une forme très agressive de cancer du cerveau.

L’étude du NTP est toutefois déjà dépassée et ne pourra pas être répliquée, puisque l’exposition correspondait à la technologie de deuxième génération (2G ou GSM pour Global System for Mobile Communications) employée il y a 17 ans, soit au moment de la conception de l’étude. Les nouvelles technologies (UMTS pour Universal Mobile Telecommunications System) — on arrive déjà à la 5G — inquiètent davantage les experts. « La puissance moyenne du rayonnement 2G/GSM est 1 000 fois plus élevée que celle des téléphones cellulaires modulés (3G/UMTS) de troisième génération. Pourtant, pour 100 heures d’utilisation, le risque de cancer du cerveau de l’utilisation d’un téléphone cellulaire 3G/ UMTS est 3,4 fois plus élevé que l’utilisation de 2G, nous a expliqué par courriel Lloyd L. Morgan, survivant du cancer du cerveau, chercheur à l’Environmental Health Trust et directeur représentant des patients au registre national américain des tumeurs. L’affiche ci-jointe que nous avons présenté à la conférence BIOEM 2016 illustre qu’après 3 000 heures d’utilisation cumulative, le risque de cancer du cerveau d’un téléphone G3/UMTS est de 4,0 fois la normale, tandis qu’avec un téléphone 2G/GSM le risque est de 1,5 fois. Comment une puissance 1 000 fois plus faible peut-elle causer un risque majeur et plus élevé? La référence 3-5 fournit une explication probable : la modulation UMTS inhibe les gènes de réparation de l’ADN. »

Avis de l’Académie américaine des pédiatres

Face à l’étude du NTP, l’American Academy of Pediatrics (AAP) dit s’inquiéter du fait que des enfants de plus en plus jeunes adoptent le cellulaire alors que leur corps et leur intellect sont en plein développement.

« Les parents ne devraient pas paniquer au sujet de cette dernière étude, mais elle peut servir comme un bon rappel de limiter à la fois le temps que les enfants passent devant un écran et leur exposition aux téléphones cellulaires et autres dispositifs émettant des rayonnements de champs électromagnétiques (CEM). Les résultats partiels des études comme celle-ci justifient que les scientifiques se penchent davantage sur la question. L’AAP soutient davantage de recherches sur la façon dont l’exposition au téléphone cellulaire affecte à long terme la santé humaine, en particulier celle des enfants. »

L’AAP rappelle que la norme fédérale américaine (de la Federal Communications Commission ou FCC) limitant le rayonnement des téléphones cellulaires n’a pas été mise à jour depuis 1996. Cette limite autorisée aux États-Unis, de 1,6 W/kg, vise seulement à prévenir l’échauffement des tissus du corps d’un adulte et non les effets non thermiques comme les dommages à l’ADN et le cancer. « Les crânes des enfants sont plus minces et peuvent absorber plus de rayonnement. » Voici les nouvelles mesures de sécurité recommandées par l’AAP qui déconseille leur usage par les tout-petits :
« • Utilisez la messagerie texte autant que possible, sinon téléphonez en mode haut-parleur ou avec un kit mains-libres.
• Maintenez le cellulaire à au moins un pouce de votre tête durant une conversation [dans le but de ne pas dépasser les limites recommandées pour éviter l’échauffement des tissus].
• Faites seulement des appels courts ou essentiels sur le cellulaire.
• Évitez de transporter votre téléphone contre le corps, comme dans une poche, une chaussette ou un soutien-gorge. Sinon, les fabricants de cellulaires ne peuvent pas garantir que la quantité de rayonnement que vous absorberiez ainsi sera sécuritaire.
• Ne parlez pas au téléphone et ne textez pas au volant. Cela augmente le risque d’accidents d’automobile.
• Faites preuve de prudence si vous téléphonez ou textez en marchant ou en effectuant d’autres activités. Les blessures chez les marcheurs distraits sont à la hausse.
• Si vous envisagez de regarder un film sur votre appareil, téléchargez-le d’abord, puis passez en mode avion [le seul qui élimine toute émission de RF] pendant que vous le visionnez, afin d’éviter l’exposition inutile aux radiations.
• Gardez un oeil sur l’intensité du signal (le nombre de barres affichées). Plus le signal est faible, plus votre téléphone émet de rayonnement et plus votre exposition augmente. Vaut mieux attendre que le signal soit plus fort avant d’utiliser votre appareil.
• Évitez de faire des appels dans les voitures, les ascenseurs, les trains et les bus. Le téléphone cellulaire travaille aussi plus fort pour communiquer à travers le métal, alors son niveau de puissance augmente.
• Rappelez-vous que les téléphones cellulaires ne sont pas des jouets ni des articles de dentition. »

Les gliomes en hausse

En juin dernier, Ron Melnick a répondu aux critiques de son étude formulées par un pédiatre chroniqueur au New York Times. « Dans mon optique, un pédiatre agirait de façon irresponsable s’il ou elle comprenait les implications des données humaines et animales sur les radiations du cellulaire et n’offrait pas des avis de précaution aux parents de ses patients », écrivait Melnick. Celui-ci affirme que l’étude du NTP redéfinit la controverse sur les effets du rayonnement du téléphone cellulaire car c’est la mieux conçue à ce jour, comme l’ont reconnu les experts de la Bioelectromagnetics Society.

Pour minimiser les risques de l’utilisation du téléphone cellulaire, les critiques — qui sont souvent en conflit d’intérêts car ils sont financés par l’industrie — affirment souvent que l’incidence globale des tumeurs cérébrales est stable. Toutefois, l’incidence du cancer augmente de 1 à 2 % par année chez les enfants depuis 30 ans et celle des gioblastomes hautement mortels augmente sans cesse dans la population générale depuis la fin des années 1980, souligne le Dr Adlkofer : de 3,1 % par année aux Pays-Bas entre 1990 et 2010 et similairement aux États-Unis, et pour des cancers localisés principalement dans le lobe frontal, le plus exposé aux ondes des cellulaires. De plus, en Suède, les tumeurs cérébrales de type inconnu ont augmenté de 157 % de 2008 à 2013, prouvant que les registres de tumeurs s’avèrent incomplets et peu fiables, selon l’oncologue et épidémiologiste suédois Lennart Hardell. Ce médecin est l’auteur des études les plus connues sur le sujet qui ont contribué au classement 2B des radiofréquences. Il a notamment découvert que les gens qui utilisent le cellulaire de manière intensive avant l’âge de 20 ans vont jusqu’à quintupler leur risque de cancer du cerveau.

Aujourd’hui, le Dr Hardell affirme, tout comme plusieurs autres experts dont l’ancien patron du NTP, Chris Portier, qu’il faut reclasser les RF comme « probablement cancérogènes » (2A). L’opinion de Hardell n’est pas à prendre à la légère : depuis la fin des années 1970, les fabricants de l’agent orange, des BPC (biphényles polychlorés) puis du glyphosate (Roundup) avaient aussi critiqué ses études sur la toxicité de ces produits, mais l’histoire lui aura donné raison. Son avis sur le 2A est aussi partagé par le Dr Anthony B. Miller, directeur de l’unité d’épidémiologie à l’Institut national du cancer, à Toronto, de 1971 à 1986.

Si ces avis ne vous suffisent pas, vous pouvez toujours vous fier à la législation française sur l’exposition aux CEM et aux consignes de sécurité des fabricants de cellulaires qui recommandent de ne jamais le tenir contre votre corps

L’étude du NTP en bref

L’étude s’est déroulée dans 21 chambres à réverbération blindées permettant de produire des expositions homogènes. Ces chambres comprennent une antenne émettrice et une grande roue qui permettait d’exposer l’ensemble du corps des animaux uniformément de façon prolongée en évitant le stress de la contention.

Cette étude fut la première à exposer autant des souris et des rats (270 + 90 animaux témoins non exposés) aussi longtemps (9 heures par jour par cycles de 10 minutes d’exposition et 10 minutes de pause) à trois niveaux d’intensité d’ondes radio (1,5, 3 et 6 watts par kilogramme). Les rats étaient exposés in utero (dès leur conception) et les souris à partir de l’âge de 5 semaines. Les ondes choisies étaient de la même fréquence (900 mégahertz pour les rates et 1 900 MHz pour les souris) et des mêmes types de modulation (façon de transmettre l’information) que celles employées par l’industrie du téléphone cellulaire — le protocole d’Accès multiple à code divisé (mieux connu sous l’acronyme anglais CDMA) et le Système global de communication mobile (GSM). Le premier est à plus forte intensité pendant une courte période, le second, plus faible mais d’une durée plus longue.

Résultats : entre 2,2 et 6,5 % des rats mâles exposés ont développé un gliome ou un schwannome malin du cœur. L’étude est significative pour plusieurs raisons, selon Chris Portier. D’abord parce que le niveau de risque augmentait généralement avec l’intensité de la dose (5,5 % et 6,6 % de schwannomes à 6 W/kg selon les types de modulation). De plus, aucun des rongeurs témoins (non exposés) n’ont développé de tumeur.

Pour en savoir davantage :

Champs électromagnétiques : douze façons de se protéger

aappublications.org/news/2016/05/27/Cancer052716

Report of Partial Findings from the National Toxicology Program Carcinogenesis Studies of Cell Phone Radiofrequency Radiation in Hsd : Sprague Dawley® SD rats (Whole Body Exposures) Draft 5-19-2016

Mobile phone and cordless phone use and the risk for glioma – Analysis of pooled case-control studies in Sweden, 1997-2003 and 2007-2009. Pathophysiology. 2015 Mar;22(1):1-13. doi: 10.1016/j.pathophys.2014.10.001. Epub 2014 Oct 29.

microwavenews.com/news-center/ntp-cancer-results

Comment se protéger des ondes electromagnétiques ?

  • Se protéger des ondesSe protéger des ondes

Article pARU dans le journal ALTERNATIVE SANTE nº 41

L’électro-sensibilité (appelée aussi électro-hypersensibilité pour les cas les plus graves), c’est-à-dire le syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques, est de plus en plus fréquente dans la population.
Les premiers signes de cette maladie sont généralement des céphalées, des acouphènes, une lassitude anormale et un état dépressif. En France, on estime que ceux qui ressentent le plus fortement ces symptômes représentent 1 à 2 % de la population, soit de 600 000 à 1 200 000 personnes.
Rappelons que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a officiellement classé les champs électromagnétiques dans la catégorie 2B, qui recense « 248 agents, groupes d’agents et mélanges peut-être cancérogènes pour l’homme » !

La souffrance endurée par les électro-sensibles

Parmi les nombreuses personnes qui subissent le syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques, en voici trois dont les témoignages sont révélateurs.

Philippe Tribaudeau, ex-professeur de technologie dans un collège en Côte-d’Or et président de l’association « Une terre pour les EHS », vit dans un hameau de cinq habitants : « Seule une partie de ma maison est électrifiée et, la nuit, je coupe le disjoncteur. Ce qui me manque le plus, c’est la liberté de mouvement. Je suis bien dans mon bocal, mais si j’en sors, je brûle. Aujourd’hui, les réseaux de téléphonie mobile, de Wi-Fi ou de Wi-Max couvrent l’ensemble du territoire : il n’y a plus d’endroit dans lequel nous pouvons nous réfugier pour nous sentir bien. L’électro-sensibilité, c’est une vie d’errance, d’isolement, de précarité. Il faut essayer de vivre au mieux, mais nous sommes des exclus ! »

De son côté, Anne Cautain habite dans les Hautes-Alpes et dort dans une ancienne écurie où elle s’éclaire à la bougie et se chauffe au poêle ! Elle ne se déplace que dans une camionnette, tapissée intérieurement par une coque métallique, afin de créer une cage de Faraday protectrice : « Je me sens brûler à la moindre onde, même à des fréquences extrêmement basses de 50 Hz générées par le passage du courant électrique. Depuis 2009, je suis un véritable radar : je sens à quel endroit il y a une antenne ou un transformateur ! »

Enfin, Marion X., dynamique octogénaire habitant en ville, a vu sa vie basculer brutalement un matin : « J’étais exceptionnellement en forme pour mon âge. Puis un magasin de téléphonie mobile s’est installé au rez-de-chaussée, juste en dessous de mon logement, laissant le Wi-Fi en marche 24h/24 ! Deux mois plus tard, je me mets à souffrir d’acouphènes, de maux de tête, de douleurs dans les jambes, de pertes d’équilibre… Les médecins ne connaissaient pas le problème et ne trouvaient pas d’informations dans les publications médicales. Depuis, on me gave de médicaments pour chaque symptôme : ils sont souvent non remboursés par la Sécu et sans grand résultat sur ma santé ! »

Quelle est l’origine de ce syndrome ?

Pour le Dr Belpomme, cancérologue et spécialiste français de l’électro-sensibilité : « Tout vient des magnétosomes, qui sont des récepteurs aux champs électromagnétiques, situés au niveau du système nerveux. Chez ceux qui souffrent d’électro-hypersensibilité, les magnétosomes deviennent intolérants à des seuils très faibles de basse fréquence. Deux facteurs jouent un rôle primordial. Le premier facteur est d’ordre génétique : il concerne un gène de sensibilité aux champs électromagnétiques. Le second est d’ordre épigénétique, c’est-à-dire relatif à l’environnement : il concerne la durée du temps d’exposition aux ondes des portables, antennes-relais, Wi-Fi, etc. On sait maintenant que ces abus induisent une altération des mécanismes moléculaires. Sur les 1 216 patients souffrant du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques que j’ai étudiés au niveau neurologique depuis 2009, j’ai constaté une baisse du flux sanguin, ce qui entraîne un manque d’approvisionnement en oxygène. Les conséquences sont alors très graves, puisqu’elles peuvent aller jusqu’à provoquer la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer. Au tout début, l’intolérance concerne le plus souvent les radiofréquences, puis les basses et très basses fréquences et enfin, ultérieurement, les hautes et très hautes fréquences. »

Pour éviter d’être victime du syndrome d’électro-hypersensibilité, le médecin propose un traitement spécifique : « 70 % de mes patients n’ont plus ressenti les maux de tête et les troubles cognitifs qu’ils ressentaient avant le traitement. L’intolérance est considérablement améliorée grâce à un traitement à base d’antioxydants, d’antihistaminiques et de vitamino-thérapie intense : vitamines D, B1, B6 et oméga-3. Ce traitement réduit l’intolérance symptomatique et normalise les marqueurs biologiques mais, malheureusement, il ne réduit pas l’électro-hypersensibilité : pour ces personnes, il est nécessaire de compléter le traitement par des mesures drastiques de protection. Et, dans certains cas, l’évolution n’est pas favorable et il peut alors survenir une atteinte du système nerveux, telle une maladie d’Alzheimer, voire une maladie de Parkinson. Il est donc vital que les pouvoirs publics se préoccupent de ce problème de santé publique. Autre facteur aggravant : la continuelle course en avant engagée par les nouvelles technologies, comme le déploiement de la 4G, a des effets désastreux sur certains de mes patients : ils rechutent alors qu’ils allaient mieux ! »

En conclusion, Dominique Belpomme insiste sur l’aspect préventif : « Il faut que les malades se protègent et, plus particulièrement, les jeunes enfants et les femmes enceintes, qui ne doivent pas utiliser de téléphone portable, sauf en cas d’urgence, ne pas rester longtemps devant un écran d’ordinateur allumé et se mettre à l’abri du Wi-Fi. »

Autres hypothèses sur l’origine du syndrome

Dans la préface de mon livre Les Ondes nocives, le docteur Michel Klein émet une hypothèse très intéressante, qui pourrait constituer un axe d’étude pour des chercheurs : « Les personnes électro-sensibles n’auraient-elles pas, dans leur sang, un excès de ferritine, cette protéine permettant le stockage du fer dans l’organisme humain ? Cette surpondération en fer, caractéristique de la maladie nommée “hémochromatose”, pourrait alors peut-être expliquer la forte réaction des personnes électro-sensibles aux champs électromagnétiques qui les entourent ! »

Pour Jean-Claude Secondé, naturopathe et ostéopathe, « les personnes dites électro-sensibles seraient intoxiquées par de fortes doses de métaux lourds. Cela peut leur avoir été transmis par la mère. On trouve, en effet, dans le cordon ombilical de certains enfants, des produits chimiques extrêmement toxiques qui ne sont plus employés ni fabriqués depuis 80 ans et plus. Les observateurs supposent que ces produits chimiques ont été absorbés par une arrière-grand-mère et transmis par voie biologique ! De plus, les métaux lourds actuels se retrouvent dans des produits de consommation courante comme l’eau des sources ou du robinet, les canalisations de plomb ou encore dans l’air des grandes villes… Dans ces conditions, il est possible que les rayonnements électromagnétiques deviennent des récepteurs perturbants pour l’organisme ».

Un test simple pour savoir si vous êtes électro-sensible

Le docteur Gérard Dieuzaide propose, dans son livre Les Maladies des ondes (éditions Dangles), un test qui, d’après son expérience professionnelle en cabinet, permettrait de détecter si une personne est très sensible aux champs électromagnétiques.

Pour réaliser ce test, nommé « Test des bras latéraux », le patient se tient debout, dos au mur, ses bras tombant de chaque côté de son corps. Il doit ensuite faire remonter lentement ses deux bras tendus en l’air, en même temps, le long de la tête. Un sujet « normal » (terminologie du docteur Dieuzaide) arrive facilement à toucher ses oreilles avec ses bras (180°) : le médecin a constaté que les personnes électro-sensibles n’arrivent pas à lever leur bras plus haut qu’à l’horizontale (90°), certaines étant même bloquées à 45°.

Comment se protéger des ondes électromagnétiques ?

On a vu que certaines personnes électro-sensibles vont jusqu’à se réfugier dans des hameaux perdus en altitude, où elles sont obligées de se chauffer au feu de bois et de s’éclairer à la bougie ! Ce qui ressemble à une sorte de retour aux conditions de vie du Moyen Âge !

Sans recourir à cette solution extrême, il existe des alternatives plus pratiques qu’une évasion hors du monde moderne : relier ses prises électriques à la terre, vérifier le branchement de ses lampes de chevet, isoler l’endroit où l’on utilise son Wi-Fi, neutraliser les hautes fréquences dans son habitation, oublier les autocollants ou les boîtiers anti-ondes pour le portable et se méfier des pendentifs radioactifs !

Reliez vos prises électriques à la terre

La plupart des habitations ne disposent, en général, de prises de terre que dans deux pièces : la cuisine et la salle de bains. Il est conseillé de mettre toutes les autres prises à la terre.

N’hésitez pas aussi à installer, dans l’armoire électrique, des interrupteurs automatiques de champs (IAC), appelés « biorupteurs », qui coupent automatiquement l’électricité au tableau électrique quand aucun appareil ne fonctionne, et la rétablissent quand ils détectent une demande de consommation, comme une lampe allumée par exemple. Résultat : la pollution électromagnétique, surtout pendant la nuit, est réduite dans l’habitation et, plus spécialement, dans les chambres.

Vérifiez le branchement de vos lampes de chevet

Peu de gens savent que leurs lampes de chevet (non équipées d’une prise de terre) sont fréquemment branchées à l’envers ! Statistiquement, cela arrive, bien entendu, une fois sur deux car on branche la lampe, au hasard, dans la prise. Or, quand une lampe est éteinte et branchée à l’envers, elle continue à rayonner comme si elle était allumée ! En effet, chaque prise de courant comprend deux bornes femelles : l’une reliée à la phase, l’autre au neutre.

L’interrupteur de la lampe coupe un seul des deux fils à l’intérieur de son cordon d’alimentation. Selon le sens de branchement de la fiche dans la prise, le fil coupé sera soit celui de la phase, soit celui du neutre. Cela n’est pas du tout anecdotique : en effet, si c’est le fil de la phase qui est coupé, le rayonnement de la lampe est faible (2 à 3 V/m environ). En revanche, si c’est le fil du neutre qui est coupé, la lampe est alors branchée à l’envers et peut rayonner jusqu’à 200 V/m, soit près de 70 fois plus ! Pour savoir si votre lampe est branchée dans le bon sens, il suffit de tester la prise avec un tournevis-testeur de tension.

Isolez l’endroit où vous utilisez votre Wi-Fi

Les champs électromagnétiques traversant la plupart des matériaux, la meilleure protection est de transformer votre bureau en une cage de Faraday… en tapissant ses murs d’un papier peint spécial.

Fin 2015, le Centre technique du papier (CTP), basé à Grenoble, a annoncé la mise au point, avec l’Institut polytechnique de Grenoble, d’un papier peint dont les motifs brevetés, imprimés avec une encre conductrice contenant des particules d’argent, filtrent spécifiquement certaines fréquences GSM et Wi-Fi. Ce produit a été lancé sous le nom de Metapapier©.

Selon le Centre technique du papier, les particules d’argent de ce matériau filtreraient deux fréquences d’un réseau local sans fil Wi-Fi (2,45 et 5,5 GHz) et trois fréquences des téléphones GSM (0,9 GHz, 1,8 GHz et 2,1 GHz). Ce produit permettrait ainsi aux personnes électro-sensibles de se protéger et empêcherait le piratage de données personnelles. Enfin, ce papier peint laisserait passer toutes les autres ondes, comme celles de la radio FM ou de la télévision.
Site internet du Centre technique du papier : www.webctp.com

Neutralisez les hautes fréquences dans votre habitation

Aux États-Unis, les chercheurs Dave Stetzer et Martin Graham ont mis au point des filtres ayant la forme d’un petit boîtier qui se positionne entre la prise électrique et le fil d’alimentation des appareils.

Ces filtres contiennent des composants électroniques (gardés secrets par les inventeurs) qui permettraient de réduire une partie des hautes fréquences, comprises entre 4 et 100 kHz et véhiculées par le courant électrique. Le fabricant estime qu’il faut en placer une vingtaine afin de «neutraliser» un appartement ou une maison.

Oubliez les autocollants ou les boîtiers anti-ondes pour votre portable

Ces objets sont censés constituer des « boucliers contre le rayonnement électromagnétique » de votre téléphone portable. Les autocollants sont vendus sous diverses appellations : « patchs à énergie scalaire », « stickers antiradiation », « autocollant EMR »… D’après les fabricants, ces patchs assureraient une protection grâce à la technique dite de « déphasage à 180° », consistant à capter les ondes en phase, puis à les déphaser avant de les ré-émettre à 180°. Aucune étude scientifique sérieuse n’a démontré l’efficacité de ces patchs.

De leur côté, les boîtiers seraient censés « agir sur l’antenne du téléphone pour dévier les ondes ». Pour Jean-Philippe Desreumaux, directeur du département « Fréquences et protection » chez l’opérateur de téléphonie Bouygues Telecoms, la vérité est tout autre : « Au mieux, ces produits sont sans effet et, au pire, ils aggravent la situation. En effet, en masquant l’antenne avec un étui, l’appareil reçoit moins bien, voire plus du tout, le signal : celui-ci émettra alors encore plus fort car il n’arrivera plus à joindre l’antenne-relais. »

Méfiez-vous des pendentifs radioactifs !

En décembre 2015, l’association française CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a alerté les médias suite à l’apparition, sur le marché, de pendentifs très dangereux. Ces objets, censés protéger contre les ondes électromagnétiques, sont vendus (principalement sur internet) sous des appellations diverses : « pendentif à énergie quantique », « médaillon énergétique », « pendentif Quantum d’énergie scalaire »… Toutes ces expressions sont trompeuses car elles ne correspondent à aucune réalité scientifique.

Le laboratoire de la CRIIRAD en a soumis plusieurs à des analyses par spectrométrie gamma. Les résultats sont inquiétants : « Il a été constaté la présence de concentrations anormalement élevées de produits radioactifs naturels, de l’ordre de 100 à 1 000 fois la moyenne pondérée pour les éléments de la chaîne de désintégration de l’uranium 238 et de l’ordre de 500 à 5 000 fois la moyenne pondérée pour le thorium 232 et ses descendants ! Ces caractéristiques apparentent les constituants de ces objets à du minerai radioactif. Au sens de la réglementation, il s’agit bel et bien de matières radioactives. Les risques associés sont, avant tout, des risques de cancer de la peau ou de sarcome. »

À l’issue de ses tests, la CRIIRAD a d’ailleurs alerté la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour que toutes les mesures appropriées soient prises pour mettre fin, dans les meilleurs délais, à l’importation et à la commercialisation de ces objets.

Jacques Mandorla  rédigé le 21 décembre 2016 

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com

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